vendredi 24 août 2012

Révolte égyptienne, avec ou sans Twitter

Depuis janvier 2011, la planète suit le déroulement de la révolution égyptienne par écrans interposés. Le soulèvement a été retransmis en direct, comme si caméras, tweets (« gazouillis », messages sur Twitter) et pages Facebook avaient capté un thriller politique mettant en scène des millions d’acteurs. Bannières déployées, ces derniers ont, en retour, organisé des rassemblements destinés à alerter les médias et, par leur entremise, la « communauté internationale ». Faut-il s’étonner que M. Wael Ghonim, un jeune cadre de Google brièvement emprisonné pendant les manifestations, en ait tiré cette morale : « Si vous voulez libérer une société, vous n’avez qu’à lui donner accès à Internet (1) » ? Les événements égyptiens offrent un terrain d’étude unique pour vérifier la validité de cette maxime. En effet, une décision de M. Hosni Moubarak, alors au pouvoir, a constitué une expérience grandeur nature pour mesurer le poids politique des médias sociaux.

Aux Etats-Unis, croisade du parti républicain contre les droits des femmes...

Les dernières déclarations de Todd Akin, élu conservateur ont choqué l’Amérique, et l’opinion en général :on se souvient que ce sénateur du Missouri avait prétendu dans une déclaration tonitruante qu’une femme victime d’un « véritable viol ne pouvait tomber enceinte » car ses défenses naturelles le lui interdisaient : ces propos qui sont autant d’insultes à la science, à la femme, au bon sens ont soulevé un tollé général…
Bien que le candidat républicain, Mitt Romney ait désavoué ces paroles, le programme du parti conservateur reste farouchement opposé à l’avortement, considéré comme un crime dans tous les cas ,même si la femme est victime de viol ou d’inceste… Cette décision d’une commission de 110 membres du parti est intervenue mardi 21 août.

Le sciento, le flic et le Vicieux anonyme


Le port du masque de Guy Fawkes ne relève pas que d’un folklore potache de geeks biberonnés au soi-disant “anonymat” qui régirait le Net. C’est d’abord et avant tout un moyen utilisé par les pionniers du mouvement Anonymous pour se protéger du Bureau des affaires spéciales (Office of Special Affairs, ou OSA), le service de renseignement de l’église de Scientologie.
C’est ce qu’avait expliqué Vicieux, l’un des rares Anonymous français a avoir accepté de passer à la télévision, lorsqu’il avait été interviewé par Thierry Ardisson dans son émission Salut les terriens, sur Canal +.

De de la fabrique du consentement et de l’influence

En écho à l’article de kitetoa, « Où est l’étincelle« , ce papier tente d’apporter des réflexions sur nos fonctionnements au sein de la société à travers plusieurs filtres, dont certains parallèles au concept développé par Noam Chomsky : la fabrique du consentement. Concept qui rejoint celui d’un auteur plus ancien, la Boétie, qui lui, développa le concept de la servitude volontaire. Le sujet avait été abordé partiellement par le biais du fonctionnement de la propagande. Il n’est bien entendu pas question d’apporter ici une réponse à la question posée par l’article de kitetoa, mais plutôt d’amener des pistes de réflexions.

La justice sud-coréenne juge l'anonymat indispensable à la liberté d'expression

La Cour constitutionnelle sud-coréenne a censuré la loi contre la diffamation, qui imposait aux sites les plus fréquentés d'afficher la véritable identité de leurs contributeurs. Les huit juges suprêmes ont estimé que le texte n'a pas eu d'effet tangible sur l'émergence et la propagation de rumeurs mais qu'elle a revanche affecté la liberté d'expression en dissuadant les internautes de prendre la parole.
[Lire la suite]

Microsoft Live n'est pas fait pour les êtres humains

En ce moment, ça buzz un peu autour de la charte de bonne conduite de Microsoft Live (et ses services associés comme SkyDrive), qui semble être l'une des plus restrictives existantes. Prenons le temps d'examiner quelques "interdits" du service et trouver des cas d'utilisation entrant en conflit. Vous allez voir, il n'y a pas besoin de diffuser des images de Christine Boutin avec un comcombre dans le cul chevauchant une licorne pour se faire jeter du service:
depicts nudity of any sort including full or partial human nudity or nudity in non-human forms such as cartoons, fantasy art or manga.

Anonymous : l'informateur du FBI gagne un répit avant son procès



Il faut croire que les informations fournies par Sabu, de son vrai nom Hector Xavier Monsegur, sont très appréciées par le FBI. Le département de la justice aux États-Unis a en effet demandé le report de son procès de six mois, "à la lumière de la coopération en cours du défendeur avec le gouvernement", selon un document judiciaire adressé au tribunal et cité par Naked Security.
[Lire la suite]

Wading into social waters

Recently, we've been introduced to two "Tor Project" Facebook Org pages. Neither of which are run by us at Tor, yet. There was also a Google+ page for a while, too. We currently use a few social media methods, such as mailing lists, pgp web of trust, internet relay chat, Identi.ca, and Twitter. Some people are very upset Tor is seemingly supporting Facebook, Google+ and others.
We're expanding into Facebook, Google+, Reddit, and others because our users are asking for it. There are existing Tor communities in many places, and we don't need to formally be at them all. It's great when individuals step up to the challenge and represent Tor in positive ways. However, as people join these communities, they are looking for a real discussion with us. For many people, these platforms are the primary means of communication.

LES LOBBYISTES ET NOUS

Dans le Wall Street Journal d’aujourd’hui :
Une nouvelle loi américaine oblige à mentionner sur les produits contenant certains minéraux que leur extraction alimente les conflits en Afrique centrale.
Trop cher pour les entreprises ont dit les lobbyistes ! À la trappe !
La Securities and Exchange Commission (SEC), le régulateur des marchés financiers aux États-Unis, a mis au point un ensemble de mesures permettant d’empêcher que ne se reproduise l’effondrement du marché des capitaux à court terme (money market), dont coût, plus de six cents milliards de dollars aux contribuables américains, plus quelques centaines de milliards d’euros aux contribuables européens.
Trop cher pour les banques ont dit les lobbyistes ! À la trappe !

jeudi 23 août 2012

Syrie - Un dixième journaliste tué depuis le début du conflit, le cinquième en quinze jours

Lire en arabe (بالعربية)
D'après les informations recueillies par l'agence Reuters auprès de militants dans le quartier de Nahar Aisha au sud de Damas, le journaliste Mossaab Mohamed Saeed Al-Odaallah travaillant pour les pages Culture du journal gouvernemental Tishreen, a été tué ce 22 août 2012 par des soldats de l'armée syrienne qui venaient de faire irruption à son domicile. Pour l'un de ses amis contactés par l'Agence France-Presse, il s'agit d'un assassinat ciblé pour le punir de sa proximité supposée avec l'opposition.
Ce raid aurait eu lieu au moment où l'armée bombardait de manière intensive le sud de la capitale syrienne. Bombardement qui aurait fait 40 morts, 22 dans le quartier de Kafr Sousseh et 18 à Nahar Aisha.
Le journaliste, originaire de Deraa (sud du pays), utilisait un pseudonyme dans ses articles critiques à l'égard de la répression.
Il est impossible pour Reporters sans frontières de vérifier avec précision les circonstances exactes de la mort de ce journaliste, du fait de l'impossibilité pour des médias indépendants de se rendre sur les lieux.
Si ces informations sont avérées, Mossaab Al-Odaallah est le cinquième journaliste syrien et le dixième professionnel de l'information à trouver la mort depuis le début du conflit en Syrie en mars 2011. Ce drame intervient deux jours après la mort tragique de la journaliste japonaise Mika Yamamoto, le 20 août dernier, à Alep. Son mari (et confrère) témoigne dans cette vidéo. Par ailleurs, l'organisation est toujours sans nouvelles des deux journalistes de la chaîne Al-Hurra, le reporter palestinien Bashar Fahmi et son cameraman turc Cuneyt Unal, portés disparus depuis le 20 août. Ils seraient actuellement détenus par les forces de sécurité ou un groupe fidèle au régime.
En outre, Reporters sans frontières condamne l'arrestation par les forces de sécurité syriennes, le 18 août dernier, du journaliste Malek Abu Al-Kheir de la chaîne Orient TV alors qu'il se rendait de Damas à Beyrouth. Aucune information n'a été donnée sur les raisons de son arrestation, ni sur son lieu actuel de détention.
Au moins trente journalistes et citoyens-journalistes syriens croupissent actuellement dans les geôles syriennes.

Équateur - Un journaliste colombien agressé à coups de barre de fer et menacé

Le journaliste colombien Orlando Gómez Léon, directeur de la rédaction de la section internationale du journal La Hora et correspondant en Équateur du magazine hebdomadaire colombien Semana, a été agressé et menacé de mort, le 16 août 2012. Les faits se sont produits après la publication, dans Semana, des informations sur la liberté d'expression en Équateur et l'asile politique accordé à Julian Assange, fondateur de Wikileaks.
L'agression perpétrée contre Gómez Léon à Quito, a eu lieu vers 10 heures, alors qu'il avait quitté son bureau pour se rendre à une réunion en voiture. Après avoir pris la route, le journaliste a aperçu une moto qui le suivait et qui s'était placée juste à côté de son véhicule. L'un des motocyclistes l'a appelé par son nom, et le journaliste, en se rendant compte qu'il s'agissait d'un inconnu et qu'il était armé d'une barre de fer, a pris la fuite. L'agresseur a réussi à casser le rétroviseur et endommager l'arrière de la voiture.
Plus tôt dans la journée, vers 4 heures du matin, le gardien chargé de la surveillance du journal La Hora avait contacté Gómez Léon, pour le prévenir d'appels reçues d'un inconnu, provenant du Mexique et demandant des informations sur l'heure d'arrivée de Gómez Léon au journal. L'interlocuteur prétendait vouloir des informations sur Julian Assange. Vers 6 heures, le journaliste avait reçu un appel menaçant à son domicile : “Prends garde à toi fils de pute, arrête de parler mal du pays”.
Le journaliste assure ne pas savoir exactement d'où proviennent les menaces, mais il suppose qu'elles peuvent avoir un lien avec un article publié par Semana, intitulé « L'Équateur et les obstacles de la presse », même s'il n'a pas participé à sa rédaction. Dans ce texte, le magazine dénonçait les limites de la liberté d'expression en Équateur, l'influence des cartels de la drogue dans le pays, et les implications de l'asile politique accordé à Julian Assange. Le texte avait suscité une lettre de réclamation de la part de l'ambassadeur de l'Équateur en Colombie Raúl Vallejo (photo), qui a accusé Semana d'avoir sorti du contexte l'information qu'il avait donnée au média. Mauricio Sáenz chef de la rédaction de Semana, a déclaré à Reporters sans frontières ne pas avoir reçu cette lettre, et affirme que les réactions suscitées par son article confirment le fait qu'à chaque fois qu'une information est critique envers le gouvernement, celui-ci met tout en œuvre pour la faire disparaître.
“Si Reporters sans frontières est satisfaite de la décision prise par l'Équateur concernant l'asile politique de Julian Assange, il ne faut pas perdre de vue la situation interne, très tendue, entre les autorités et une partie de la presse. Le gouvernement équatorien a voulu se présenter comme un défenseur de la liberté d‘expression aux yeux de la communauté internationale, mais les attaques contre la liberté de presse et les médias de manière générale restent fréquentes dans le pays. Perquisition de médias, fermeture de radios, amendes exorbitantes contre certains journaux, et accusations contre les journalistes d'opposition, illustrent une réalité très difficile pour le journalisme en Équateur”, a déclaré l'organisation.

mercredi 22 août 2012

Rapprochement Arcep - CSA : le gouvernement sur le chemin de la censure du Net ?

Paris, le 22 août 2012 — Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a demandé à trois ministres de réfléchir à un rapprochement entre l'Arcep (Autorité de régulation des communications électroniques et des postes) et le CSA (Conseil supérieur de l'audiovisuel), prenant le chemin d'une régulation incompatible avec le principe fondamental de neutralité du Net. La Quadrature du Net met en garde le gouvernement : réduire Internet à un "service audiovisuel" pour y imposer une régulation administrative ouvrirait la porte à la censure.
En demandant au ministre du Redressement productif (Arnaud Montebourg), à la ministre de la Culture et de la communication (Aurélie Filippetti) et à la ministre déléguée chargée des PME, de l’innovation et de l’économie numérique (Fleur Pellerin), de réfléchir à un rapprochement du CSA et de l'Arcep, le Premier ministre méconnaît le fonctionnement même d'Internet et en particulier le principe de neutralité du Net. Une régulation centralisée d'un réseau décentralisé ne peut pas fonctionner et va dans le sens des politiques répressives du précédent gouvernement, incarnées entre autres par Hadopi.
« La "régulation des contenus" par un acteur centralisé est une approche vouée à l'échec : Internet n'est pas un "service audiovisuel", les "contenus" sont produits aussi bien par des entreprises commerciales que par des individus. Publier des contenus sur Internet représente la liberté d'expression et la participation démocratique de chacun. Imposer qu'Internet soit régulé comme la télévision est un pas de plus vers un contrôle administratif du réseau et vers une censure des communications », déclare Jérémie Zimmermann, porte-parole et co-fondateur de l'organisation citoyenne La Quadrature du Net.
La Quadrature du Net met en garde le gouvernement. Au lieu de commettre les mêmes erreurs que ses prédécesseurs en continuant l'escalade répressive contre l'Internet libre, il doit travailler à protéger les libertés fondamentales, notamment en réformant le droit d'auteur et en inscrivant le principe de neutralité du Net dans la loi.

La super hyper giga haute autorité pseudo indépendante des intertubes… c’est maintenant

Une véritable catastrophe pour Internet semble être en route. Matignon aurait demandé à Arnaud Montebourg, Aurélie Filippetti et Fleur Pellerin d’étudier les modalités d’un rapprochement entre le CSA et l’ARCEP, et probablement l’HADOPI également même s’il n’en est pas encore explicitement fait mention. Dans son communiqué, le Premier Ministre s’exprime en ces termes :
« Face à la convergence des infrastructures numériques, des services et des contenus qu’elles acheminent, des réseaux et des services fixes et mobiles, et des terminaux à l’usage du public, il est aujourd’hui essentiel de s’interroger sur l’efficacité des modes de régulation des communications électroniques et de l’audiovisuel, à l’heure où les contenus audiovisuels sont de plus en plus diffusés par l’internet fixe et mobile. En particulier, la diffusion des programmes audiovisuels acheminés par voie hertzienne est assortie d’une régulation des contenus destinée notamment à en assurer la qualité et la diversité, alors que les contenus diffusés via internet font l’objet d’une régulation plus limitée et parfois inadaptée« .

La taupe d’Anonymous toujours en service

Souvenez-vous : Sabu, ce membre du collectif informel Anonymous qui s'est révélé être une taupe du FBI infiltrée dans plusieurs groupes (LulzSec, AntiSec) qui ne faisaient pas marrer les autorités américaines, et encore moins les majors. Hier, le département américain de la justice a demandé que son jugement soit repoussé de six mois "à la lumière de [sa] coopération continue avec le gouvernement".

Entre juin et janvier, Sabu, ou Hector Xavier Monsegur de son vrai nom, un new-yorkais de 28 ans rencardait le FBI et avait facilité un beau coup de filet aux États-Unis, en Grande-Bretagne et en Irlande. Il risque jusqu'à 124 ans de prison. Autant dire qu'il a intérêt à continuer de coopérer avec les autorités encore quelques mois pour bénéficier de la clémence du juge. Les autorités elles, se sont bien gardées de préciser s'il coopérait sur de nouveaux cas ou sur les poursuites déjà en cours.

Sources: VF, VO 

C'est officiel : Matignon associe Hadopi, CSA et Arcep pour réguler le net !

Le Premier ministre Jean-Marc Ayrault a demandé à Fleur Pellerin de travailler sur le rapprochement du CSA et de l'Arcep, de façon coordonnée avec les travaux sur l'après-Hadopi. Comme nous l'avions pressenti, le CSA pourrait bien être doté de pouvoirs de régulation du net, aux effets bien plus néfastes encore que la riposte graduée.
[Lire la suite]

Hadopi : Pierre Lescure, cheval de Troie du CSA ?

En évoquant mardi le sujet du piratage accessible sur les téléviseurs connectés, qu'il voit comme l'ultime menace, Pierre Lescure se rapproche de la philosophie du CSA, qui prône le filtrage du net au nom de la régulation des contenus accessibles sur les téléviseurs.
[Lire la suite]

Des Anonymous et des soutiens des Pussy Riot verbalisés en France, pour anonymat

A Marseille, des soutiens du groupe Pussy Riot qui voulaient manifester pour le respect de la liberté d'expression en Russie ont été arrêtés par la police, pour avoir porté un masque en hommage aux déguisements du groupe. Par ailleurs, des Anonymous affirment qu'ils ont également été verbalisés ce mois-ci à Paris, pour avoir porté le célèbre masque interdit par la loi depuis 2009.
[Lire la suite]

lundi 20 août 2012

Depuis son balcon, Assange met en demeure les Etats-Unis

S'adressant à la foule nombreuse venue l'écouter, le fondateur de Wikileaks Julian Assange a pris un ton déterminé, dimanche après-midi, depuis le balcon de l'ambassade d'Equateur où il a obtenu le statut d'exilé diplomatique. Ferme, Assange a voulu défendre son action et surtout enjoindre les Etats-Unis de garantir l'immunité pour Wikileaks et ses sources d'information.
[Lire la suite]