mardi 8 novembre 2011

Israël - Cinq journalistes arrêtés par l'armée israélienne ; deux toujours détenus

Reporters sans frontières condamne fermement l'arrestation, le 4 novembre 2011, par l'armée israélienne de cinq journalistes à bord des deux flottilles solidaires qui tentaient de briser le blocus de la bande de Gaza imposé par Israël depuis l'arrivée au pouvoir du Hamas à Gaza. Deux d'entre eux sont toujours détenus.

Affrétés en Turquie, les bateaux, qui battaient pavillons irlandais et canadien, transportaient des médicaments à destination de Gaza. Les autorités israéliennes ont arraisonné les embarcations alors qu'elles se trouvaient à 45 milles nautiques de la bande de Gaza et ont procédé à l'arrestation des membres embarqués, dont les cinq journalistes, conduits au centre de détention de Givon.

Parmi les 27 personnes arrêtées à bord des deux navires, se trouvaient la journaliste Lina Attalah, de la section anglaise du quotidien égyptien Al-Masry Al-Youm, Casey Kauffmann d'Al-Jazeera English, Ayman Al-Zubair d'Al-Jazeera, Jihan Hafiz, correspondante de l'organisation Democracy Now de nationalité américaine et Hassan Ghani, de la chaîne Press TV.

Le lendemain, les trois journalistes du quotidien égyptien et d'Al-Jazeera ont été expulsés du territoire israélien. Le matériel d'enregistrement de Lina Attalah aurait été confisqué par l'armée. Quant à Jihan Hafiz et Hassan Ghani, ils sont toujours incarcérés.

Les autorités israéliennes ont demandé aux journalistes de signer un document écrit en hébreu, dans lequel ils reconnaissent être entrés illégalement en Israël et ne pas être autorisés à s'y rendre à nouveau pendant dix ans. Reporters sans frontières a également appris que l'armée a exercé des pressions sur les journalistes pour signer le document.

Jihan Hafiz aurait quant à elle refusé de le signer, exigeant une traduction en arabe ou en anglais. Demande qui a trouvé une fin de non recevoir.

Reporters sans frontières est également très inquiète du sort du journaliste britannique Hassan Ghani, travaillant pour la chaîne en anglais de la République islamique d'Iran Press TV, toujours en détention. Hassan Ghani avait déjà été arrêté en mai 2010, alors qu'il couvrait une opération similaire. D'après le témoignage de journalistes arrêtés en même temps, il a été immédiatement placé en détention à l'écart des autres personnes interpellées.

Reporters sans frontières exige des autorités israéliennes la libération immédiate de Jihan Hafiz et de Hassan Ghani ainsi que la restitution intégrale du matériel technique confisqué par l'armée israélienne aux professionnels de l'information venus couvrir cette opération humanitaire.

En août dernier, les autorités israéliennes avaient empêché les passagers et les journalistes devant participer à une nouvelle flottille d'embarquer. Le 26 juin 2011, le directeur du bureau de presse du gouvernement avait décidé que les journalistes embarquant à bord d'une flottille à destination de Gaza seraient considérés comme hors-la-loi, et par conséquent seraient interdits d'entrer en Israël pour dix ans. Devant le tollé suscité par cette annonce, le Premier ministre israélien était revenu sur cette décision le lendemain.

En mai 2010, la « Flottille de la Liberté » à destination de Gaza avait fait l'objet d'un violent assaut de la part de l'armée, faisant 9 morts et 36 blessés parmi les passagers. Les autorités israéliennes avaient temporairement interdit la diffusion de toute information sur les victimes transférées vers les hôpitaux en Israël. Plus d'une soixantaine de journalistes avaient été arrêtés et expulsés. Leur équipement avait été confisqué. Beaucoup en attendent toujours la restitution.

En juin 2009, deux journalistes d'Al-Jazeera, embarqués à bord du bateau “Spirit of Humanity“ pour couvrir une opération humanitaire organisée par l'organisation Free Gaza, avaient été arrêtés par les autorités israéliennes avant d'être expulsés quelques jours plus tard.

Les petites négligences caractérisées de Franck Riester


Pour fêter l’arrivée du député Riester sur Twitter, Reflets.info ne résiste pas à la tentation de contribuer à l’effort pédagogique en matière de sécurité informatique, que nous avions déjà initié avec TMG, et si ardemment souhaité par Franck Riester. Cette volonté pédagogique qui transpire dans HADOPI 1 et 2, brillant texte que le député a honoré de ses plus belles et sincères tirades tout au long des « débats », en tant que rapporteur.


La pédagogie, sur un site web, ça commence souvent par un robots.txt.



Et quand le robots.txt est aussi bavard, et le cms aussi bien « documenté »… on tombe par exemple là dessus… un changelog qui a le bon gout de nous donner le numéro de version… et argh … il n’est pas à jour !



Simple curiosité, une petite recherche dans Google … et là.. c’est le drame , le site est vulnérable à une petite XSS toute mignonette… ça commence à sentir la négligence caractérisée



Et comme on est en pleine période de tragédie grecque, le drame ne s’arrête pas là, la négligence est tellement caractérisée que le site affiche aux 4 vents son (très bavard) Error Log !



EDIT: Le error.log contient un epic path disclosure… carrément énorme, qui ressemble à une bonne blague de geek. L’hébergeur semble tellement fan des travaux du député qu’il a rangé ce site dans un répertoire un peu particulier… Et il est où le site de Franck Riester ? …. DTC !!



Le député Riester ne nous avait pas menti, HADOPI est une loi vraiment très populaire.


Re-EDIT : Le DTC pourrait en fait correspondre à ceci. Il ne s’agirait donc pas de l’acronyme d’un hébergement de type « Dans Ton Cloud ».


Re-Re-Edit : Et pour parfaire le décor, un internaute nous signale une belle fuite de données personnelles sur le site du député Riester, une bien chouette base de données pour spammeurs (vu qu’il y a des données personnelles, Reflets ne communiquera pas le lien) :



Bienvenue sur Twitter monsieur le député, le réseau social qui vous rendra au centuple toute la pédagogie dont vous avez su faire preuve avec Internet… ceci est un échange de bons procédés.


Afin de mieux sécuriser votre site web, nous vous proposons comme solution d’appliquer le patch firewallesque OpenOffice à l’aide la commande


# apt-get install OpenOffice-Fw-edit-beta2

NB : aucune intrusion n’a été réalisée pour accéder à ces données, en cliquant sur les liens de cet article, vous verrez que tout est parfaitement public… peut être le fruit d’une négligence caractérisée, un peu comme le décret d’application qui omet de définir ce qu’est une connexion à Internet ?… allez savoir.


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lundi 7 novembre 2011

Origines de la crise (3) : i belieeeeve i caaaaan fly

(ou comment après un deuxième crack pétrolier le cowboy Reagan se lance dans la vente à crédit des entreprises publiques de son pays appuyé par sa copine Margaret, tandis qu’un peu partout on construit des temples marchands à la gloire du libéralisme)


Youpi ! C’est chouette, ultra bat ! On va s’en mettre plein les fouilles sur le dos de tous ces couillons à qui on va vendre du crédit en masse, des saloperies distrayantes et du rêve de pacotille, tout en leur piquant leurs entreprises nationales ! Ouaaaaaaais ! C’est un peu comme ça qu’on pourrait résumer la « première révolution libérale des années 80″, particulièrement poussée du côté de la City de Londres et du pays du rêve en toc, outre-atlantique, chez les tueurs de bison. Le deuxième choc pétrolier de 1979 ne s’est pas bien passé, c’est vrai, on est entré dans une crise économique basée sur un dollar de plus en plus rare, des taux d’intérêts super élevés (donc un crédit très cher) et au final, début 80, le chômage grimpe à mort, mais on s’en cogne. Parce que comme le souffle Friedman à l’oreille de Reagan : « il y a un taux naturel de chômage pour que la démocratie libérale puisse se déployer, l’enrichissement du plus grand nombre passe par la libération des marchés qui s’auto-régulent dans une splendide valse de dévaluations, modifications des taux d’intérêts, rachats, ventes, et surtout élévation des capitaux de la rente ». Alors, le chômage, hein, c’est peanuts…

Pourquoi la théorie libérale prend-elle aussi bien un peu partout alors que c’est en train de merdouiller grave ?

Les journalistes indépendants des favelas confrontés à la censure de l'armée ; attentats et agressions se multiplient en régions

Les opérations de “pacification” de l'armée dans les favelas, au nom de la lutte contre les trafiquants, suscitent des craintes de plus en plus sérieuses en matière de respect des droits de l'homme et des libertés publiques. L'objectif de sécurisation de ces quartiers, dans la perspective de la Coupe du monde de football en 2014 et des Jeux olympiques de 2016, se traduit par une pression accrue sur les forces de l'ordre au détriment des communautés et de leurs propres journalistes. Ce travail d'information réalisé par les habitants des quartiers, en particulier à Rio de Janeiro, doit bénéficier des mêmes garanties de sécurité et d'absence de censure que la couverture produite par les grands médias.

Le mauvais précédent créé au début de ce mois par l'affaire du Complexo do Alemão – conglomérat de treize favelas de Rio de Janeiro – révèle une inquiétude des forces de l'ordre. L'affaire a débuté, le 2 octobre 2011, avec la diffusion d'une vidéo tournée par le reporter local Patrick Granja, montrant le passage à tabac d'un habitant par huit militaires.

Relayant ce contenu sur leurs sites, les équipes du journal A Nova Democracia (AND) et de l' Agence d'informations des favelas (ANF) (http://www.anf.org.br/) se sont heurtées le lendemain à un acte de censure de la part de militaires en faction au moment de tourner de nouvelles images dans la favela.

Empêchés de filmer, les journalistes se sont vu opposer le motif d'une absence d'autorisation de tournage émanant de l'armée, avant d'être filmés à leur tour par les soldats.

“Malgré des excuses ultérieures du commandement qui a expliqué l'incident par un ‘ordre mal interprété', la question se pose : au Brésil, certaines zones ou quartiers seraient-ils sujets à un état d'exception qui suspendrait l'exercice normal du droit d'informer ? Reporters sans frontières partage à cet égard l'inquiétude exprimée par la rédaction de l'ANF. Selon des habitants du Complexo do Alemão, une équipe de la chaîne SBT a également été victime de ces restrictions. La lutte, nécessaire, contre le crime organisé ne doit pas conduire à créer des enclaves où certaines libertés publiques fondamentales seraient moins respectées qu'ailleurs. Le ministère de la Défense ne doit pas transiger sur ce point”, a déclaré Reporters sans frontières.

Les journalistes brésiliens restent exposés à une insécurité élevée dans certains territoires, surtout lorsqu'ils appartiennent à des médias locaux, communautaires ou alternatifs. Cette situation concerne également les blogueurs. Depuis le début de l'année, le pays compte quatre journalistes assassinés en lien direct ou probable avec la profession. Les efforts de lutte contre l'impunité, bien que réels, restent inégaux selon les lieux et les cas.

En moins d'une semaine, trois attaques sérieuses ont été constatées dans plusieurs régions. Elles appellent une mobilisation urgente des autorités. Le 3 octobre à Russas (Ceará, Nord-Est), la maison de Cid Ferreira, animateur de programmes sociaux et politiques pour la radio communautaire Araibú FM, a été la cible de balles. Deux jours plus tard, un attentat du même type a été commis contre la voiture d'un autre journaliste de radio et spécialiste de faits-divers, Sérgio Ricardo de Almeida da Luz, à Toledo (Paraná, Sud). Enfin, le 9 octobre à Itaporã (Mato Grosso du Sud, Centre-Ouest), le journaliste Antonio Carlos Ferrari a été agressé en public par deux membres d'une famille de propriétaires ruraux, mise en cause dans une affaire d'esclavage moderne.

Quand le peuple se rebelle

Le peuple, si on entend par là les classes moyennes et inférieures, aurait surtout aujourd'hui pour mission, et pour définition, le sacrifice : se serrer la ceinture, participer à l'effort de relèvement des comptes, se conduire exemplairement comme le doit un débiteur, rogner sur ses privilèges puisque la conjoncture l'exige. Et outre-Atlantique, où le peuple de la Déclaration d'indépendance, comme celui des droits civils, semble avoir été annihilé depuis longtemps par l'entertainment et les fonds de pension, le peuple ne peut être qu'obtus, milice de blancs-becs racistes du Midwest, le fonds de commerce du Tea Party et des groupes antiavortement. Bref, le peuple, c'est bien connu, si on lui laisse le choix, il vous fabrique un Hitler ou, au mieux, vous promeut au goût du jour une Marine Le Pen et une Sarah Palin. Le peuple, mantra de leader populiste, label d'historien douteux ou d'intellectuel démagogue. Et pourtant. (...)
Source: Le Monde

Hillary Clinton affirme que libertés sur Internet et droit d'auteur vont de pair

Peut-on défendre la propriété intellectuelle sur Internet sans porter atteinte aux libertés d'expression ? Dans une réponse de principe, la Secrétaire d'Etat Hillary Clinton affirme que oui, et promet d'obliger les partenaires des Etats-Unis à défendre les deux concepts avec autant de vigueur. [Lire la suite]

Les « indignés », indignés par les médias (2) : Aux Etats-Unis

Le mouvement d'occupation de Wall Street, débuté fin septembre, a rapidement pris de l'ampleur . Le 6 octobre, des campements ont vu le jour dans près de 146 villes états-uniennes. Ce mouvement s'est heurtés au quasi-silence des grands médias américains, voire à la morgue et au mépris des plus conservateurs d'entre eux,, et particulièrement de Fox News, du magnat Ruppert Murdoch). Comme en juin dernier en Espagne, comme on peut le lire ici même, la critique des médis s'inscrit au coeur du mouvement…
Source: Acrimed

dimanche 6 novembre 2011

Origines de la crise (2) : tu l’a vu mon gros baril ?

(ou comment les pingouins du Golfe Persique se vengent de la séance de rasage de Nixon alors que Giscard vend la souveraineté monétaire du pays aux 450 fromages à la finance internationale)


Pour ceux qui ont suivi l’épisode ouane, nous en étions restés à la fin de la parité du dollar avec l’or et l’adoption des taux de change flottants décidés par Nixon. Il ne faut pas croire que ces mesures ont été sans conséquences. Parce que si l’oncle Tom évitait de se faire doubler par l’économie teutonne (en particulier) avec l’abandon des accords de Bretton Woods, une grosse, une énorme inconnue survenait : la fluctuation de la valeur du dollar.


Il est pas cher mon baril ! qui veut de mon baril ?


Attention, ça devient super bordélique, un vrai western spaghetti à tiroirs à l’échelon planétaire. Premier tiroir : le dollar est dévalué. Ca ne gênait pas énormément les yankees puisqu’un dollar trop fort empêche de se remplir les poches au niveau export. Mais ça en gênait d’autres, les fourgeurs de brut. Deuxième tiroir : le pic de pétrole est atteint et Nixon le sait. La vache ! C’est pas cool pour les ricains de savoir qu’ils vont plus pouvoir siphonner leur sous-sol comme au bon vieux temps, mais surtout devoir devenir dépendants des pingouins du Golfe en devant leur acheter le pétrole. Troisième tiroir : Israël. Le soutien inconditionnel des Youniteude Staitsse of América à l’Etat sioniste ne plaît pas à sa majesté saoudienne qui décide de punir les cow-boys en baissant la production de pétrole de 5% (l’Arabie Saoudite exportait plus de 20% de l’or noir of the world à l’époque, quand même). Quatrième tiroir : la dépréciation du dollar fait perdre beaucoup aux pays membres de l’organisation des pétroleux (OPEP), parce que le prix du baril est indexé sur le dollar, relire le premier tiroir.


Aaaaah ouais, un peu gênant aux entournures pour ses seigneuries de l’OPEP, qui se grattent la tête et décident un truc assez basique : mon prix de baril indexé sur le prix du dollar est plus assez cher pour que je m’en mette plein les fouilles ? Je multiplie le prix de mon baril par 3, oh et puis non, par 4, et 5, 6, enfin bon je te fais payer un maximum comme ça je récupère mes billes perdues sur ton foutu dollar déprécié. Non mais oh ! Résultat des courses : le premier choc pétrolier nous arrive en pleine poire. Conséquences économiques diverses et variées dont : les prix de l’énergie qui flambent, l’augmentation du coût de production des entreprises, la baisse de la consommation la perte d’emplois, enfin bon : le début des 40, voir 50 « misérables » (opposés aux 30 glorieuses) dans lesquelles nous sommes englués d’un point de vue socio-économique. Enfin pas encore trop misérables à l’époque.


Mais tout ça ne nous explique pas pourquoi la crise actuelle a ses origines dans cette période…


Et bien quand même un peu, si. Pas mal même. Parce que le crack pétrolier de 1973 engendre un paquet de trucs déjà en cours mais qui n’étaient pas encore bien établis. Première chose intéressante : l’essoufflement de la production industrielle et l’inflation galopante qui se retrouvent doublées d’un chômage jusqu’alors inconnu (tout ça autour de 1974-75) : cette conjugaison inflation-stagnation économique, la « stagflation » est une sacrée épine dans le pied des pays industrialisés qui vont commencer à faire deux choses : pousser au crédit et alourdir la fiscalité. Et ouais coco, t’empruntes un max et je te taxe un max. Le départ du hold-up de l’économie mondiale par la finance internationale commence à ce moment là. Parce que c’est cette même année du premier crack pétrolier (1973) que Giscard et ses potes décident de jeter la souveraineté monétaire de notre belle France en pâture aux requins de la finance, avec la loi sur la Banque de France. Et que le « problème de la dette » débute.


Mais pourquoi qu’il fait ça Giscard, il était timbré ou quoi ? Il a reçu des valises en échange ?


La question a été posée, et elle est judicieuse : pourquoi Giscard sort-il une loi interdisant à la Banque de France de prêter au Trésor ? Dans son article 25 il est stipulé qu’il est désormais « interdit au Trésor Public d’emprunter directement à la Banque de France à un taux d’intérêt faible ou nul ». Personne n’est dans la tronche de Valery pour expliquer avec 100% de fiabilité pourquoi il l’a fait, mais un petit paquets d’indices peuvent nous aider à nous faire une idée. Premier indice : Pompidou est un ancien banquier de chez Rotschild…et Giscard son ministre de l’économie et des finances. Certains mauvais esprits ont parlé de conflits d’intérêts, mais qui pourrait les croire : on sait bien qu’en France ce genre de choses n’existe pas ! Deuxième indice : Giscard lance la même année, juste après la loi sur la « privatisation de la dette », le fameux emprunt Giscard de 6,5 milliards de francs (5 milliards d’euros corrigés par l’inflation) à 7% d’intérêts indexés sur l’or. Parce que plus il y a d’inflation, moins les prêteurs ont confiance (l’Etat a besoin d’emprunter plus). Donc, son explication à Giscard est la suivante : « La réforme des statuts de la Banque de France, adoptée sous le mandat de Georges Pompidou et lorsque j’étais ministre des Finances, est une réforme moderne qui a transposé en France la pratique en vigueur dans tous les grands pays : il s’agissait à l’époque de constituer un véritable marché des titres à court, moyen et long terme, qu’il soit émis par une entité privée ou publique » et évitant ainsi « une situation d’inflation monétaire permanente ». Super explication de politique anti-inflation, rien à dire. Chapeau l’artiste. En tout cas le super-emprunt Giscard finira par coûter 90 milliards en intérêts et capital une fois remboursé. Et la loi Pompidou-Giscard permettra de vendre l’emprunt d’Etat aux banques privées et débuter le grand carnaval du je-te-tiens-par-la-barbichette entre Etats et finance internationale.


Pourquoi ce grand mouvement de dérégulation monétaire ? Hein, pourquoi ?


Avant d’en finir pour cette deuxième partie des origines (potentielles) de la crise il faut quand même dire quelques mots des « penseurs en économie » de l’époque. Parce que si on commence à entrevoir des raisons logiques et objectives de la dérégulation du système économique (pour ceux qui prenaient des décisions), qu’on pourrait résumer par : stopper le rachat de l’or de la fed, emm…les saoudiens, lutter contre l’inflation, compenser le ralentissement industriel et permettre aux nation richardes d’emprunter plus facilement, il y a des types qui ont pas mal influencé l’affaire. L’un d’entre eux a un nom assez connu, c’est Friedman. Ah ouais, Milton Friedman…


Pour faire court : ce formidable intellectuel écrit un bouquin intitulé « capitalisme et liberté » en 1962 dans lequel il théorise le libéralisme qu’il appelle de ses vœux, et qu’on peut résumer avec cette phrase : « la réduction du rôle de l’État dans une économie de marché est le seul moyen d’atteindre la liberté politique et économique ». Le père Friedman a bouffé tous les bouquins du Machiavel de l’économie, Adam Smith, et a adapté ses théories de « la main invisible du marché » au monde moderne : il théorise le principe des taux de change flottatnts dans « The Case for Flexible Exchange Rates » en 1953, et devient conseiller de qui, en 1969 ? Devinez, devinez ? Ben de Nixon, et ouais ! Il faut savoir que Friedman est allé loin dans les idées qui nous bouffent la vie actuellement. Imaginez que le type a parlé de « taux naturel de chômage », a expliqué qu’il ne fallait jamais pratiquer de politique de relance, et qu’au final les interventions économiques des Etats n’étaient jamais bonnes. Avec Friedman c’est la privatisation complète de l’Etat qu’il faut effectuer. Ce pur génie de la pensée libérale et du laisser-faire a reçu le prix noble de l’économie en 1976 et comme nous le verrons dans l’épisode suivant, il va ensuite devenir conseiller de Reagan durant ses deux mandats.


La pensée de Friedman a influencé la plupart des décideurs politiques occidentaux : leurs choix de l’époque, et ceux qui suivront ne sont pas innocents… Mais vous me direz, il est où le rapport avec la crise de 2008-2011, puisqu’on a quand même fonctionné sans gros problèmes majeurs pendant un peu plus de 30 ans avec ce système ? Et bien, si les différentes crises de l’époque étaient conjoncturelles (en gros dues à une situation précise, comme le prix du pétrole), la crise actuelle, elle, est structurelle. Et là, ça va chercher beaucoup plus loin qu’un remède à appliquer par rapport à une situation donnée. Ca questionne sévèrement une crise structurelle, parce que les solutions durables pour sortir du bourbier socio-économique dans lequel nous sommes plongés semblent ne pas pouvoir se passer d’un changement radical de « logiciel économique ». Et ça, l’Oligarchie qui contrôle les Etats et s’est enrichie de manière incroyable depuis la dérégulation économique, et bien elle n’en veut pas. Parce que l’Oligarchie n’est pas inquiète par la crise. Elle s’en repaît de la crise. Ce qu’elle craint simplement, c’est que les populations se rebellent.


Mais comme nous le verrons dans le dernier épisode des origines de la crise, un paquet de choses se sont mises en place à partir des années 80, puis 90 et 2000 pour nous mener là où nous en sommes : au bord du gouffre…et qu’en sortir, et ben, c’est pas gagné…

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Major Usenet Provider Shuts Down Following Court Order

Two years ago BREIN, representing the movie and music industries, took News-Service.com (NSE) to court.
Although the name NSE might not ring a bell with many people, it is the largest usenet provider in Europe and has many high-profile resellers such as Usenext.

Through the court BREIN demanded that the NSE delete all infringing content from its servers, and six weeks ago the Court of Amsterdam sided with the copyright holders.

In an attempt to keep their service operational, NSE asked the Court to put the execution of the verdict on hold while the Usenet provider appealed its case, but this week that request was denied. As a result NSE was forced to shut down its services.

“This means that we are forced to cease our operations with immediate effect,” NSE said in a statement.

Despite the setback the Usenet provider will persist with its appeal, not least because the landmark verdict could have disastrous consequences for other Usenet providers.

“For reasons of principle, News-Service.com will not accept the verdict and has lodged an appeal,” NSE announced.

The verdict of the Amsterdam Court is very similar to the one that decimated BitTorrent site Mininova two years ago. It requires NSE to finding a way to identify and delete all copyrighted files from its servers, which is practically impossible.

Une Défense occupée

Ce samedi soir à Paris, quelques Indignés bravaient encore les limites fixées par la Préfecture de police. Ils continuaient à occuper La Défense, quartier d’affaires de l’Ouest parisien siège de plusieurs grands groupes du CAC 40, et symbole des dérives de la finance selon les occupants. La manifestation était autorisée par la Préfecture jusqu’à 21 heures vendredi soir, mais certains irréductibles comptent y rester plus longtemps et y installer un camp sur le modèle du mouvement Occupy Wall Street, lancé le mois dernier outre-atlantique.
17h35, vendredi. Sur l’escalier de l’Arche de La Défense, Jean-Jacques annonce au mégaphone :

Occupons La Défense vient de commencer.

Applaudissements et sourires lui répondent dans l’assemblée, un petit millier de personnes réunies pour protester contre le capitalisme en général et ses dérives financières en particulier. Le rassemblement n’occupe qu’une maigre part de l’immense esplanade, sous le regard des tours GDF-Suez, SFR, Areva, EDF et Coeur Défense. Un symbole sur lequel ironise un homme, la cinquantaine, à la nuit tombée. Désignant la tour GDF, il plaisante : “Ils parlent d’économies d’énergie et regarde toutes ces lumières qui restent allumées !”