vendredi 2 décembre 2011

Wikileaks : les Spy Files sont en ligne

Wikileaks, épaulé par OWNI, vient de publier aujourd’hui même les Spy Files, une liste de 1100 documents relatifs aux sociétés qui surveillent Internet. La majorité de ces documents sont des documents parfaitement publics mais ce travail de compilation reste tout à fait exceptionnel car il offre un instantané de l’état de l’art de la surveillance globale des communications sur Internet. On y trouve les principaux intégrateurs, leurs solutions, le superbe contrat d’Amesys à la Libye portant sur un système EAGLE d’interception global et ayant servi à la répression des opposants. Vous apprendrez d’ailleurs très prochainement qu’Amesys était parfaitement au courant de l’utilisation faite de son matériel.</subliminal>


BlueCoat, une autre entreprise que nous suivons de près sur Reflets.info est également à l’honneur dans cette publication et Wikileaks vous invite à découvrir toute sa gamme.


Comme vous vous en doutez, les collègues de la team Reflets et votre serviteur allons revenir très prochainement sur cette publication et vous faire de nouvelles revelations sur les deals d’Amesys dans le « massive interception » et ce, dans des pays où vous n’auriez pas spécialement envie de passer vos vacances.


Je profite également de ce court billet pour vous annoncer que cette publication de Wikileaks donnera lieu à d’autres publication de notre part sur le sujet (c’est une évidence), mais que nous réfléchissons activement aux contre-mesures depuis un petit moment. Pour passer outre cette surveillance globale dont Amesys vendait si bien les mérites en 2008 à Prague, nous allons tout prochainement lancer une offre de VPN un peu particulière (COMSEC). Une offre concernera les entreprises et l’autre les particuliers. Ces deux offres DPI-Proof® bénéficieront du même niveau de sécurité en offrant un chiffrement de vos communications portant sur les couches 4 à 7 du modèle OSI et viseront explicitement à rendre sourd et aveugles ces systèmes d’interceptions massifs.




Possibly Related Posts:




flattr this!

mardi 29 novembre 2011

Le Sénat défendra-t-il les droits du public minés à l'Assemblée ?

Paris, 29 novembre 2011 – L'Assemblée nationale vient d'adopter le projet de loi sur la copie privée, incluant l'amendement du député Lionel Tardy limitant la capacité du public à réaliser des copies pour son usage privé. Alors qu'elle ne correspond en aucun cas à l'objectif du projet de loi, qui ne concerne que la redevance pour copie privée, cette remise en cause des droits du public laisse la porte ouverte à de nouvelles mesures répressives. La balle est désormais dans le camp de la nouvelle majorité au Sénat.

L'Assemblée nationale vient d'adopter le projet de loi sur la copie privée, un texte technique, uniquement destiné à adapter le régime de la redevance pour copie privée à une récente jurisprudence du Conseil d'État. Des décisions sur le périmètre des exceptions et de leur usage, en particulier adoptées dans l'urgence, n'y ont aucune place.


Or, le texte adopté aujourd'hui contient un amendement présenté et défendu par le député Lionel Tardy1 qui restreint l'exception pour copie privée en la conditionnant à la licéité de la source, qui est la plupart du temps impossible à déterminer. Il constitue une nouvelle remise en cause des droits du public, qui aggrave un peu plus la crise de légitimité que traverse le droit d'auteur.


« Au détour d'un texte technique sur le financement de la création, on attaque en douce les droits du public ! Par cette modification de l'exception pour copie privée 2, tout acte de copie à des fins privées serait rendu illégal, à moins que l'utilisateur ne soit en mesure de démontrer la licéité de la source utilisée. Comment déterminer dans quelles conditions une œuvre a été mise en ligne, qui l'a mise en ligne ? Avec ou sans autorisation de l'auteur et si oui, portant sur quels territoires ? Un CD prêté par son cousin est-il contrefait ? Impossible de répondre à ces questions sans une procédure complexe, ce qui en pratique créera une insécurité juridique considérable pour le public. », explique Jérémie Zimmermann, porte-parole de l'organisation citoyenne La Quadrature du Net.


« Outre la négation rampante du principe même de l'exception pour copie privée, cet amendement ouvre la porte à de nouvelles politiques répressives. Afin de déterminer si les œuvres copiées proviennent de sources licites ou non, les industries du divertissement ne manqueront pas de demander de nouveaux verrous numériques destinés à la surveillance et au contrôle des usages, et de nouvelles lois dans la droite ligne des DADVSI et HADOPI. Seul le Sénat peut encore supprimer cette disposition et revenir au projet de loi présenté par le gouvernement. », déclare Jérémie Zimmermann.


Dans le cadre de son audition par le rapporteur au Sénat, André Gattolin, La Quadrature du Net a insisté sur la nécessité de revenir au projet de loi initial en supprimant cette disposition profondément attentatoire aux droits du public. Les citoyens constateront si la nouvelle majorité au Sénat défend les droits du public plutôt que les intérêts des industries du divertissement.




  • 1. Extrait de l'intervention de Lionel Tardy sur cet amendement : « Cet amendement propose de préciser, en complément des dispositions de l’article 1er, que l’exception de copie privée ne sera exigible que sur les copies réalisées à partir d’un support licite, c’est-à-dire d’un fichier ou d’un CD acheté. Cet amendement n’est pas anodin car, quoi qu’en disent les ayants droit, la copie privée est apparue à beaucoup comme une compensation de fait pour piratage et échange illicite de fichiers sur internet. Qu’il faille traiter le problème du piratage sur internet, je n’en disconviens pas – même si je ne vois pas quelles solutions techniques on pourrait lui apporter –, mais sa résolution ne passe pas par l’exception pour copie privée. La difficulté vient justement de cette extension non assumée et de l’arrêt Padawan. Cet amendement constitue donc un coup d’arrêt à cette dérive. »

    http://www.assemblee-nationale.fr/13/cr-cedu/11-12/c1112011.asp#P2_66

  • 2. Voir l'article 1er amendé par la commission des Affaires culturelles: http://www.assemblee-nationale.fr/13/ta-commission/r3953-a0.asp

    Le 2° de l'article 122-5 modifié dispose que, lorsque l'œuvre a été divulguée, l'auteur ne peut interdire (...) « les copies ou reproductions réalisées à partir d'une source licite et strictement réservées à l'usage privé du copiste et non destinées à une utilisation collective, à l'exception des copies des œuvres d'art destinées à être utilisées pour des fins identiques à celles pour lesquelles l'œuvre originale a été créée et des copies d'un logiciel autres que la copie de sauvegarde établie dans les conditions prévues au II de l'article L. 122-6-1 ainsi que des copies ou des reproductions d'une base de données électronique ».

DNS ‘Seizure’ Takes Out MegaUpload

Make no mistake, the biggest entertainment companies in the world do not like file-hosting site MegaUpload.

Currently the huge cyberlocker resides on the destroy-them-all SOPA-directed “rogue site” list of the MPAA alongside The Pirate Bay. The site hasn’t gone unnoticed by the RIAA either. MegaUpload is on their list too, sandwiched between the leading torrent sites and warez forums.


So given this background, particularly when viewed through the prism of the ‘Cyber Monday’ domain seizures, it’s hardly surprising that panic set in yesterday when MegaUpload suddenly failed to load for many people all around the world, not just for a few minutes but for hours on end and into today. The site is reported to be back up for some, but Twitter and other networks are awash with complaints that the problems are continuing.


Speculation on the downtime is rife, but it appears that MegaUpload has problems with its domain registrar. At the time of writing, MegaUpload’s current DNS records as reported by Network Tools are listed as ns1.badwhoisshutdown.com and ns2.badwhoisshutdown.com. It’s unclear why the IP address listed (216.239.35.100) belongs to Google.


BadWhois


One of the common causes of this kind of DNS diversion is when domain registrars doubt that the provided WHOIS details for a domain are correct, so they ‘hijack’ the DNS records to prevent the domain resolving to the correct site. In 2009, MegaUpload sister site MegaVideo suffered similar problems but eventually returned after downtime.


TorrentFreak has put a request into MegaUpload for comment, but while we wait for the official response it seems clear that the problems have been massive. Right across the United States into Europe, from the Middle East to the Mediterranean, Japan, Australia, Canada, Brazil and UK, no area seems to have been unaffected.


MegaDown


For many the site remains down even now, providing an interesting taster of what SOPA has in store should it pass. Some reports suggest that switching to Google’s DNS provides a solution to the problem, others that using one of the site’s many IP addresses (http://174.140.154.23/ for example) is a better option.


In the meantime the conspiracy theories will continue. Did MegaUpload’s registrar hijack the DNS over a simple WHOIS detail error? Or perhaps the “trolls” warned about here laid some poison down for the site, or maybe there’s another more simple explanation?


When we get official word from MegaUpload we’ll report back – the AMA request on Reddit would be fun, but we doubt it will go answered.


Source: DNS ‘Seizure’ Takes Out MegaUpload


flattr this!

Megaupload : ce Mega Merdier Mafieux

Pour faire suite à l’article de cette nuit et aux réflexions de certains internautes sur Twitter et en commentaires à notre premier article et visant à prendre la défense des sites agréés par l’ARJEL qui diffusent leurs publicités sur le site Megaupload, nous sommes allés voir d’un peu plus près de quoi il en retournait exactement. Notre méthode est on ne peut plus simple puisqu’elle consiste à afficher le code source des pages web sur lesquelles se trouvent les scripts publicitaires.


Le verdict


En dehors d’un espace en bas de page sur la page de téléchargement d’un fichier qui inclue un petit espace pour l’annonceur américain Ad4Game (dont aucun lien évident avec Megaupload n’est à priori perceptible), figurez vous que toutes les publicités affichées sur Megaupload.com proviennent non pas de régies tierces… mais de Megaclick.com, la régie publicitaire de Megamedia Limited, propriétaire du site Megaupload.com.



En clair, ça veut dire que le site Partypoker.fr que nous prenions en exemple hier (attention il est loin d’être le seul site agréé par l’ARJEL à faire de la pub sur des sites de Direct Download) a :



  • Soit directement démarché Megaupload pour afficher sa pub (ce qui est notre conviction à ce jour, vu l’emplacement privilégié qu’il a choisi et les volumes de trafic qui sont en jeu).

  • Soit qu’il est passé par un tiers qui gère son budget communication en choisissant Megaupload « à l’insu du plein gré ». Et là encore, vous ne nous ferez pas croire que Partypoker.fr, dans ses statistiques, ne s’est pas aperçu qu’il avait un « gros referer » comme Megaupload.


Les arguments venant donc accréditer la thèse du « saypadleurfôte’ysavépa »® … SVP, pas à nous.


Certains des sites aujourd’hui agréés par l’ARJEL, il n’y a pas si longtemps que ça illégaux en France, fréquentaient le même genre de paradis fiscaux et numériques que Megaupload. A l’image de Bolloré sur l’île de Malte, qui 3 mois avant l’obtention de sa licence ARJEL, passait des offres d’emplois pour rapatrier ses serveurs… Il y a donc un peu plus que 35% de probabilités tout ce petit monde se connaisse très bien, et de longue date.


Conclusion, Partypoker.fr sait très bien où il annonce et surtout pourquoi. Le « où », nous venons de l’évoquer. Le « pourquoi », c’est tout simplement parce que c’est rentable, que ça fait du volume, et que le taux de transformation ne doit pas être dégueulasse.


La règle des 3M : un Mega Merdier Mafieux


Le megabordelMegamedia Limited n’édite pas que Megaupload (Direct Download), Megavideo (Steaming) et Megaclick, se régie publicitaire. On trouve plein de Mega Services dans ce Mega Merdier :



  • Megalive : streaming

  • Megabox : à mi-chemin entre iTunes et DropBox

  • Megapix : hébergement d’images

  • Megafund : capital risk

  • Megapay : une alternative à paypal


Prochainement, Megamedia devrait aussi proposer un service de sauvegardes en ligne (Megabackup) et on atteint le comble du cynisme avec Megamovie, qui se veut préparer l’offre légale sur laquelle tout le monde tourne en rond depuis 10 ans! Je vous épargne les megablogs mégamerdiques (Megabest, Megaking, Megaking, ou Megagogo…). Le mystère Megaupload/Megamedia c’est donc la spectaculaire réussite d’un groupe pur player du Net, tellement pur player d’ailleurs que l’un de ses leaders, Kim Schmitz, a été reconnu coupable de fraude aux cartes bancaires (ça doit vous donner envie d’essayer Megapay ça non ?), de fraudes informatiques, et de délit d’initié (US) !


Vers une MegaHADOPI 3 ?


L’« Effet HADOPI », qui comme nous vous le disions cette nuit n’est qu’une illustration de la loi de Lavoisier (« rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme ») tourne très nettement à l’avantage de pratiques mafieuses et au désavantage des artistes. Lancer une phase repressive alors que l’offre légale est inexistante, on se doutait bien (déjà en 2009), que ça allait laisser un champs rêvé pour une offre illégale bien plus alerte qu’une offre légale, freinée par l’insatiable cupidité de certains ayants-droit.


L’annonce d’une HADOPI 3 qui s’attaquerait au Streaming, faite par Nicolas Sarkozy récemment à Avignon nous laisse à 35% perplexe, à 35% consternés et à 35% morts de rire. Electron Libre nous relatait d’ailleurs que c’est accompagné de notre allié tout neuf américain qu’on a, qu’HADOPI 3 pourrait venir poser de nouvelles fondations… toujours aussi bancales.


Dans son article, Electron Libre nous explique que la France et les USA auront par exemple deux leviers :



  • Un levier financier (en bloquant les moyens de paiement type Visa, Paypal etc…) vers ces sites. Megamedia se frotte déjà les mains pour cette publicité inespérée pour son service Megapay (les autres acteurs comme Liberty Reserve et les autres également).

  • Le levier 336-2 du code de la propriété intellectuelle (retrait de contenus et dé-référencement) qu’on va surement chercher à industrialiser… mais là encore manque de bol, ils ont déjà un train de retard puisque des solutions de contournement existent déjà, à l’image d’Undeadlink).


A bon entendeur.

Billets en relation :




flattr this!

HADOPI vs ARJEL : attention ça va clasher chérie

A force de créer des « Hautes Autorités » pour tout et n’importe quoi, et souvent pour n’importe quoi d’ailleurs, on arrive forcement un moment à des paradoxes assez intéressants.


L’interruption de l’accès au site Megaupload de ce soir qui a agité la Twitosphère, m’a amené à tenter une petite manipulation me conduisant à suspendre momentanément le bloqueur de scripts publicitaires de mon navigateur web. Ceci m’a permis de constater avec une joie non dissimulée qu’une Haute Autorité française permettait à des entreprises de financer une petite mafia contre laquelle une autre Autorité française essaye tant bien que mal de lutter.


L’ARJEL (la Haute Autorité de régulation des Jeux En Ligne), si vous ne vous en souvenez pas, c’est l’Autorité qui a inscrit dans notre droit, et en primeur, le blocage de sites Internet, là où logiquement, on s’attendait à ce que ce soit LOPPSI qui bloque les vilains pédo-criminels. Oui c’est logique, en France, on agite le torchon de la pédo-criminalité pour justifier le blocage de sites et le filtrage du Net mais on bloque en priorité des sites de jeu en ligne. Le mécanisme ARJEL est relativement simple. Vous payez une dîme à l’État pour acquérir une licence vous donnant le droit d’avoir un site web accessible dans de bonnes conditions aux joueurs en France, et si vous ne payez pas, les fournisseurs d’accès Internet ont pour ordre de vous bloquer votre site… bref, le premier cyber racket institutionnel.


L’ARJEL a également été l’occasion de faire énormément de publicité pour ces sites de jeu d’argent autre fois plus ou moins illégaux et de leur permettre de faire de la publicité (4*3, télévision, radio, Internet…) un peu comme si du jour au lendemain on voyait apparaître des publicités partout pour des « cigarettes équitables qui rendent con et font rigoler » et qu’on appelle aujourd’hui dans le code pénal de la drogue. Mais ce ne sont pas le risque sanitaire et le coût de la promotion faite à l’addiction aux jeux d’argent qui motivent l’écriture de cet article. C’est un constat beaucoup plus léger, beaucoup plus drôle, beaucoup plus … pathétique.



Le site Megaupload est tristement connu pour offrir une alternative (très lucrative pour certains) aux échanges non marchands des réseaux peer to peer qu’HADOPI 2 a méthodiquement tué en France en exerçant une surveillance des réseaux peer to peer, mise en oeuvre par une société de test, TMG, connue également pour être la seule connexion coupée par HADOPI. Sur le site Megaupload, on trouve donc énormément de films en téléchargement gratuit. Le site propose des abonnements (payants) « premium » permettant de lever les restrictions de débit ou de téléchargement simultanés. Le site Megaupload draine un trafic ahurissant, ce qui lui avait par exemple valu d’être la cause d’une foire d’empoigne entre le transitaire Cogent et le fournisseur d’accès Orange. Accusé par Megaupload de brider l’accès à son site web et d’offrir des débits ridicules, Orange, par la voix de Stéphane Richard son PDG, avait déclaré en parlant de Cogent « une bonne partie du trafic qu’ils émettent est du trafic illégal ». Stéphane Richard visait explicitement ici Megaupload, avouant à l’en croire que les routeurs d’Orange disposent de l’option « douanier intégré » dans chaque port ethernet. Le problème était surtout économique, et on se doutait bien qu’HADOPI n’y était pas complètement pour rien.


Désolé Nicolas, mais on va faire tomber un mythe, non le piratage n’a pas diminué de 35% grâce à HADOPI. Pour preuve, un responsable d’Orange expliquait déjà à cette époque sur le site ITEspresso que :


« La croissance du trafic Megaupload atteint 15 % à 20 % chez Orange chaque trimestre, plus rapide, désormais, que celle de YouTube.»


C’est aussi et surtout (car il n’est pas le seul), chez Megaupload, que l’on retrouvait les 35% de notre président, qui n’a visiblement pas assimilé la Loi de Lavoisier, énonçant pourtant de manière assez simple que « Rien ne se perd, rien ne se crée, tout se transforme. ». Et à votre avis ? en quoi ils se sont transformés les 35% de pirates du peer to peer qui s’adonnaient à de l’échange non marchand ? Et bien en pirates du direct download qui alimentent des mafias comme Megaupload. On retrouvait en 2010 déjà ces 35% chez Megaupload comme le signalait le site Ecrans. C’est donc bien joli de faire une HADOPI 3 qui part en guerre contre le streaming et les sites qui monétisent illégalement la culture quand on est l’auteur d’une loi qui leur a permis de s’enrichir sur le dos des artistes… contrairement aux adeptes du peer to peer.


Mais le cynisme d’une HADOPI 2 qui permet à Megaupload de s’en foutre plein les fouilles en consacrant le direct download comme alternative au peer to peer, n’a d’égal que celui de l’ARJEL qui consacre la promotion des sites de jeu de poker en ligne sur … MEGAUPLOAD ! Décidément, le site aux mystérieux actionnaires et de droit Hong-Kongais a bien de la chance avec la France. A croire que l’État français est lui même actionnaire !


Le site partypoker.fr est l’un des plus gros clients de la régie publicitaire de Megaupload. Il s’offre une superbe pub en pop-up, et pas n’importe laquelle. Il s’agit de la pop up que vous ne pouvez pas rater, celle qui s’ouvre au moment où votre téléchargement s’initie ! Par ce biais, le site partypoker.fr qui a en toute logique acquis une licence en bonne et due forme pour avoir le droit de ne pas voir son site bloqué se paye des pages de pub et un trafic colossal grâce à HADOPI 2 qui renvoyé les internautes à Megaupload. Partypoker.fr cherche ses parts de marché chez les intoxiqués au téléchargement illégal qu’il se propose d’intoxiquer aux jeux d’argent en ligne. Vous noterez tout de même que la campagne publicitaire de partypoker.fr se veut « sanitairement maîtrisée » puisqu’elle fait, « avant tout » la promotion d’une pratique du jeu d’argent en ligne « responsable »… mort de rire, ça donne surtout envie d’en prendre un pour taper sur l’autre.



On est donc ici dans une situation ubuesque, où les sites de jeu en ligne, sous la bienveillante autorité de l’ARJEL, financent un site contre lequel une autre autorité, l’HADOPI, est censée lutter. Je sais pas pour vous, mais le jour où Megaupload entre en bourse, je contracte un prêt pour acheter des actions ! Justifier une HADOPI 3 après ça… ça va être compliqué monsieur le président . Mais ce ne sera malheureusement pas la première fois que notre gouvernement sort les pelles pour creuser alors qu’il a touché le fond.

Billets en relation :




flattr this!

François Hollande remplacera Hadopi par Hadopi

A quoi bon promettre l'abrogation de l'Hadopi, si c'est pour la remplacer par une structure qui aura strictement le même rôle et la même vision, à l'exception des menaces jusqu'à présent théoriques de suspensions de l'accès à Internet ? [Lire la suite]

Union européenne - Le filtrage du Net porte atteinte à la liberté d'information, selon la Cour de Justice de l'Union Européenne

Reporters sans frontières se réjouit de la décision prononcée par la Cour de Justice de l'Union Européenne (CJUE), le 24 novembre 2011. La CJUE a estimé que le filtrage généralisé du Net porte atteinte aux droits fondamentaux des citoyens européens, et notamment à la libre circulation de l'information sur le Net. Elle a également rappelé que la protection des droits d'auteur ne devait pas se faire au détriment d'autres libertés fondamentales, comme la liberté d'information et la protection des données personnelles.

“Nous saluons cette interprétation de la CJUE qui rappelle que la liberté d'informer est fondamentale, et la protège contre toute législation abusive sur la protection du droit d'auteur, a déclaré Reporters sans frontières.

Les gouvernements européens doivent prendre acte de cet arrêt et abandonner tout projet de législation sur le filtrage du Net. Les parlementaires européens qui vont débattre de l'adhésion de l'UE à l'ACTA, d'ici fin décembre 2011, doivent également prendre en compte cette mise en balance du droit d'auteur avec les droits fondamentaux à la liberté d'information et la protection des données personnelles.

Nous espérons enfin que cette interprétation aura un impact au-delà de l'Europe, et notamment aux Etats-Unis où le Stop Online Piracy Act (SOPA), projet de loi liberticide, est actuellement à l'étude”, a poursuivi l'organisation.

La Cour d'appel de Bruxelles avait saisi la CJUE dans le cadre de l'affaire opposant la SABAM (société belge des auteurs, compositeurs et éditeurs - équivalent belge de la SACEM) au fournisseur d'accès Internet (FAI) Scarlet Extended, suite au refus de ce dernier de filtrer les communications de ses clients dans le but de lutter contre l'échange en peer-to-peer de “fichiers électroniques reprenant une œuvre musicale” protégée par la SABAM.

La CJUE devait interpréter le droit européen afin de décider si “le droit de l'Union permet aux États membres d'autoriser un juge national à ordonner à un fournisseur d'accès à Internet de mettre en place, de façon générale, à titre préventif, aux frais exclusifs de ce dernier et sans limitation dans le temps, un système de filtrage des communications électroniques afin d'identifier les téléchargements illégaux de fichiers.”

En s'appuyant sur quatre directives européennes, la CJUE s'est prononcée contre le filtrage généralisé. Dans l'arrêt de la Cour, il est clairement affirmé que “des mesures qui obligeraient un FAI à procéder à une surveillance générale des informations qu'il transmet sur son réseau” sont contraires au droit européen, et viole les droits fondamentaux.

La CJUE précise, au paragraphe 52, que le filtrage généralisé du Net “risquerait de porter atteinte à la liberté d'information”, car un tel système de filtrage généralisé ne distingue pas le contenu licite du contenu illicite et entraîne souvent un surblocage. La CJUE a donc reconnu l'impact du filtrage du Net sur la liberté d'expression et la liberté d'information. Il s'agit d'une avancée cruciale pour la défense de la liberté du Net, puisque cette interprétation s'impose désormais aux Etats membres de l'UE.

La CJUE a également rappelé, au paragraphe 43, que le droit de propriété intellectuelle, qui doit certes être protégé, n'est nullement intangible et que sa protection ne doit donc pas “être assurée de manière absolue”, mais toujours mise “en balance avec (...) les autres droits fondamentaux”. En l'occurrence, la CJUE estime que la liberté d'information et la protection des données personnelles des utilisateurs (comme leur adresse IP) prévalent dans ce cas sur la protection du droit d'auteur.
Aux paragraphes 48 et 49, la CJUE ajoute que l'injonction de la SABAM porte également préjudice à la liberté d'entreprise du FAI, en l'obligeant à mettre en place un système de filtrage coûteux à ses frais.

Cette interprétation a été saluée par de nombreux défenseurs de la liberté du Net, et notamment la député européenne Françoise Castex, qui a salué une décision qui porte “un coup d'arrêt à la logique de filtrage qui prévaut en Europe”, une logique qui sacrifie selon elle les “libertés fondamentales sur l'autel du droit de la propriété intellectuelle”.

Cablegate One Year Later: How WikiLeaks Has Influenced Foreign Policy, Journalism, and the First Amendment

One year ago today, WikiLeaks started publishing a trove of over 250,000 leaked U.S. State Department cables, which have since formed the basis of reporting for newspapers around the globe. The publication has given the public a window into the inner workings of government at an unprecedented scale, and in the process, has transformed journalism in the digital age.

In recognition, WikiLeaks founder Julian Assange was just awarded Australia’s version of the Pulitzer Prize, in addition to the Martha Gellhorn journalism prize he won in the United Kingdom earlier this year. As Salon’s Glenn Greenwald observed, “WikiLeaks easily produced more newsworthy scoops over the last year than every other media outlet combined.” Yet at the same time, the Justice Department has been investigating WikiLeaks for criminal violations for doing what other media organizations have been doing in the U.S. for centuries—publishing truthful information in the public interest.


Here is a look at Cablegate’s impact on journalism surrounding six countries central to U.S. foreign policy, and why it is vital for the media to stand up for WikiLeaks’ First Amendment right to publish classified information.


The WikiLeaks Cables and Their Contributions to Journalism


Libya


This past summer, Senator John McCain was the most vocal member of Congress cheering for more aggressive military action to remove Libya's then-leader Muammar Gaddafi. But a WikiLeaks cable revealed just two years earlier, Sen. McCain had personally promised to arm Qaddafi with U.S. military equipment. Yet Gaddafi was one of the strongest critics of the WikiLeaks publications. The cables exposed the greed and corruption of his regime, and, according to some reports, seemed to drive him crazy. He even accused the CIA of leaking the documents to undermine him.


Pakistan


Long before U.S forces secretly entered Pakistan to kill Osama bin laden in August, the cables confirmed the U.S. military was already covertly operating inside the country—a fact that the U.S. government had previously denied for months. Despite public support for the Pakistani government, the cables also showed U.S. diplomats have long thought of the Pakistani intelligence service, the I.S.I., as a “terrorist organization” that tacitly supports al-Qaeda and the Taliban.


Yemen


One of the first cables released in 2010 confirmed reports of another undeclared military action that the U.S. had previously denied—drones strikes in Yemen. At the same time, the cables detailed the secret deal the Yemeni President made with the U.S. to allow the strikes, which he lied to his people about in the process. When the C.I.A. extra-judicially killed alleged al-Qaeda leader and U.S. citizen Anwar al-Awaki with a drone in October 2011, the U.S. publicly announced the death but refused to officially release any information about the strike. A cable published by WikiLeaks provided a blueprint for how the attack was carried out.


Egypt


During the Egyptian revolution, the cables gave the rest of the world a stark and unflinching look at the brutality of Mubarak and his regime, facts of which Egyptians were already well aware. The cables painted a “vivid picture” of the U.S.’s close ties with the regime, but also confirmed to the international community that police brutality in Egypt was "routine and pervasive" and that “the use of torture [was] so widespread that the Egyptian government ha[d] stopped denying it exists.”


Tunisia


The cables have been credited with directly influencing what came to be known as the Jasmine Revolution. In the early stages of mass political protests in Tunisia, Nawaat—the influential Tunisian blogging group—set up a website called Tunileaks and widely distributed the cables to Tunisian citizens. The cables confirmed that the U.S. viewed Tunisian President Ben Ali as a corrupt and brutal tyrant and fanned the flames of the already smoldering revolution. Amnesty International would credit WikiLeaks and its media partners as “catalysts” in the people’s successful ouster of Ali.


Iraq


In what may turn out to be WikiLeaks’ most lasting legacy, CNN reported a month ago that a WikiLeaks cable played a role in expediting the return of all U.S. troops from Iraq and ending the decade long war. Negotiations to keep U.S. troops in Iraq longer than the original 2011 deadline were strained when Wikileaks released a cable showing the U.S. tried to cover up an incident where soldiers knowingly killed innocent women and children in Iraq. Iraqi negotiators indicated the cable gave them excuse to refuse to extend the troop presence.


This, of course, only scratches the surface, as the cables have shed light on almost every major foreign policy story of 2011. In April, Atlantic Wire reported that nearly half of 2011’s New York Times issues relied on WikiLeaks documents. And while all of the cables have now been released, the impact is still reverberating. Zimbabwe’s notorious dictator Robert Mugabe may be next to feel the effects. The BBC recently reported that WikiLeaks revelations may force him to step down from power, a notion that was previously “unthinkable.”


Long Term Impact: WikiLeaks and Threats to the First Amendment


As we look back at how the WikiLeaks cables have enriched and colored our understanding of recent history, it’s impossible to ignore that the Justice Department is currently investigating individuals allegedly associated with WikiLeaks, reportedly for possible violations of the Espionage Act of 1917—an outdated relic of World War I—which has recently been used to punish government leakers.


No media organization has ever been indicted, much less convicted, under the Espionage Act. Constitutional scholars almost uniformly agree that a prosecution of a media organization would be devastating for press freedom and violate the First Amendment. The Justice Department has reportedly tried to avoid this constitutional problem by trying to craft charges against Wikileaks leader Julian Assange for soliciting or inducing classified information from his source under “conspiracy to commit espionage” theory.


Of course, asking sources for information is part of the normal news gathering process for any reporter, which is why Yale law professor Jack Balkin said the Justice Department’s strategy “threatens traditional journalists as well.” Secrecy expert Steven Aftergood argued that a prosecution under this theory could criminalize “ordinary conventions of national security reporting.” And former New York Times general counsel James Goodale remarked the Justice Department might as well be investigating WikiLeaks for “conspiracy to commit journalism.”


Yet the mainstream press, most notably the New York Times, has done little to defend WikiLeaks’ right to publish, despite the fact that legal observers on both the left and right have said it’s impossible to distinguish WikiLeaks and the Times under the letter of the law.


Assange’s rocky relationship with the Times and other media partners may be the reason for the Times’ silence. But, no matter what one thinks of Assange, failing to defend WikiLeaks’ right to publish government secrets is dangerously short sighted. With all the attention WikiLeaks has received, it’s easy to forget that newspapers have been publishing secret information for decades. In fact, in the past year, stories based on non-WikiLeaks classified information about Afghanistan, Pakistan, Russia, Yemen, Somalia, Libya, Iran, and China have graced the pages of the country’s most established publications. And much of the information on which those stories were based is of a higher classification level than anything WikiLeaks published.


The New York Times may feel safe in the Justice Department's indication that they are not the target of any investigation, but the “trust us” argument will only last until the next big scoop. It was less than a decade ago that then-Attorney General Alberto Gonzales repeatedly claimed he would like to investigate the New York Times under the Espionage Act for its stories on the NSA warrantless wiretapping program. New York Times reporters James Risen and Eric Lichtblau won a Pulitzer Prize for exposing gross constitutional violations that also happened to be classified “Top Secret.” But with a successful WikiLeaks prosecution, a threat like Gonzales’ could force a paper to kill such a story, or worse: the next Pulitzer Prize winner may be forced to accept his or her prize from a jail cell.


The mainstream American press has the most to lose from a WikiLeaks prosecution. Whether or not Julian Assange is indicted can’t extinguish the idea WikiLeaks represents. We now know the technology and expertise exists to create anonymously driven whistleblower platforms that can advocate for government transparency by publishing all over the world. As the Economist said, “Jailing Thomas Edison in 1890 would not have darkened the night.” And despite the established press’s unwillingness to defend WikiLeaks, they are also trying to copy WikiLeaks' model.


As the media look back on the WikiLeaks cables’ wide-ranging impact on journalism this week, it’s important they also defend the idea behind WikiLeaks. Because if they do not stand up for WikiLeaks’ right to publish, in the end, it will only be harder to preserve the publication rights of mainstream organizations like the New York Times. The real casualty in a Wikileaks prosecution will not be Julian Assange; it will be the death of a free press and the First Amendment itself.



Les Anonymous dans l’agenda politique

Le 17 décembre prochain, les Anonymous lanceront l’opération « horizon » qui devrait consacrer leur rôle politique. Ce jour-là, les Anonymous commémoreront la date anniversaire du décès de Mohammed Bouazizi, à l’origine de la révolution tunisienne et du printemps arabe. Mais aussi, ils célèbreront l’anniversaire de Bradley Manning, qui fêtera le même jour ses 24 ans en prison, pour avoir transmis des documents classifiés à Wikileaks.

L’évènement interviendra alors que, selon plusieurs études et travaux de recherche, le phénomène des Anonymous change de dimension et peut prétendre maintenant à une véritable légitimité politique. Le constat s’impose notamment à la lecture du dernier article de l’anthropologue new-yorkaise Gabriella Coleman, rare chercheuse spécialisée depuis plusieurs années sur les Anonymous et les collectifs de hackers.



Bouclier


La semaine dernière, elle a publié un texte dans le dernier numéro de Public Culture, une revue universitaire de sciences humaines consacrées aux cultures populaires avec un goût prononcé pour les sujets internationaux et numériques.


Coleman revient d’abord sur la décision de la Cour suprême de l’État de New York du 15 novembre dernier, qui a affirmé le bien-fondé de l’anonymat dans les discours et les interventions militantes. Un détail qui agaçait certains New-Yorkais désireux de faire interdire les rassemblements prévus dans le cadre de l’opération OccupyWallStreet. En vain. Pour le plus grand bénéfice des actions politiques marquées Anonymous. Car selon la haute juridiction :


L’anonymat est un bouclier contre la tyrannie de la majorité


Mais pour Gabriella Coleman, si le mouvement Anonymous fixe bel et bien un agenda politique, en prenant des positions fortes (comme en Iran ou en Égypte), il subit néanmoins des tensions propres à la culture des hackers. Entre d’une part des communautés simplement structurées autour d’une idéologie libérale concernant le partage de l’information et la circulation des données ; et d’autre part des communautés plus soucieuses de se concentrer sur des actions politiques utiles dans la vie réelle.


Émancipation


Signe des temps, la revue trimestrielle des hackers, 2600 [en], a consacré son numéro d’automne à Anonymous et aux résultats de ses actions politiques. Avec une longue enquête sur les attaques contre le groupe de presse de Rubert Murdoch et l’impact de telles initiatives contre la presse populiste. Comprenez : en faveur de l’émancipation des consciences.


En France, deux experts des cultures numériques sortent ces jours-ci un livre plutôt historique sur le sujet – « Anonymous » de Frédéric Bardeau et Nicolas Danet, chez Fyp Éditions. Et tentent d’apporter des explications à la crédibilité politique de ce phénomène reposant sur l’anonymat et la décentralisation ; un peu au doigt mouillé, mais au terme d’un récit plutôt complet. Pour les auteurs :


Les structures du pouvoir au niveau international et celles des pays les plus développés paraissent opaques, liées à une élite intéressée uniquement par l’argent et disposant de forts moyens de pression sur les décideurs politiques et les médias (…) Anonymous répond par un contre-pouvoir symbolique mais actif (…) Le but est la remise en cause des pouvoirs actuels, considérés comme oppressifs par une certaine partie de la population, et ce partout dans le monde, avec pour résultat espéré une réappropriation de l’espace public d’Internet, et à terme de l’espace public tout court.


À voir, une infographie de Martin Wolf sur l’histoire des Anonymous depuis 1940 :



(licence CC BY-ND 3.0)




Photos de Jacob Davis [cc-by-nc-nd] via Flickr

Image de Une par Ophelia Noor avec une photo de Jacob Davis

Retrouvez les autres articles du dossier :

Les Anonymous sautent sur Téhéran et Liberté, je chiffre ton nom

dimanche 27 novembre 2011

Why Do Police Officers Use Pepper Spray?

When pepper spray became a mainstream law enforcement tool in the 1990s, it was hailed as a relatively peaceful alternative to harsh physical violence.
But as demonstrated by the routine spraying of Occupy Wall Street activists, culminating in the horrific assault at the University of California, Davis, pepper spray can too easily become a tool of first and excessive resort. (...)