samedi 10 décembre 2011

Surveillances

Kitetoa publiait pas plus tard qu’hier ce billet qui a fait débat concernant la vulgarisation des technologies de surveillance de masse du Net dont nous vous parlons tellement souvent sur Reflets.info. Nous vous en parlons d’ailleurs tellement que les articles en rapport avec ce thème représentent une écrasante majorité des publications de Reflets. Nous en sommes rapidement venus à la conclusion que si les média traditionnels faisaient preuve d’une certaine fainéantise à expliquer des choses un peu techniques, donc un peu compliquées, au lieu de les blâmer, nous devions agir. Ce constat nous a semblé d’autant plus justifié que la publication des SpyFiles par Wikileaks, compilant de nombreuses documentations techniques sans en expliquer les utilisations qui en sont faites, passait, elle aussi, à notre sens, à côté d’une occasion de rendre accessible au plus grand nombre la bonne compréhension de ces technologies, des enjeux, et de l’effet sociétal à moyen et long terme de leur adoption mondiale. La démocratisation de ces outils, utilisés aussi bien par des gouvernements que par des officines privées, nous mène tout droit à l’inadmissible : une société mondialisée de la surveillance de masse.


Notre réaction ne s’est donc pas faite attendre, 24h plus tard, nous lançons le projet Surveillances. Il s’agit d’un site dédié à la vulgarisation de toutes les formes de surveillances numériques. Nous y tiendrons un glossaire relativement fourni qui vous donnera, nous l’espérons, plus de clés de compréhension encore que celles que nous essayons de vous fournir à travers les articles que vous lisez ici. Surveillances est donc un peu plus qu’une arrière base de Reflets, nous espérons qu’il vous sera profitable et qu’il vous donnera envie d’aller plus loin… et qui sait, de vous engager vous aussi pour ce combat qu’est la préservation de nos libertés numériques.

Billets en relation :




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Universal fait censurer la chanson de MegaUpload

Mauvais joueur et censeur ? Universal Music Group a fait retirer de YouTube la vidéo dans laquelle des artistes américains de premier plan vantent les mérites du site MegaUpload. La maison de disques n'en détient pourtant pas les droits. MegaUpload menace de porter plainte. [Lire la suite]

Russie - Le réseau social Vkontakte dans le collimateur des services de sécurité

Pavel Durov, fondateur et directeur général du réseau social Vkontakte, qui compte plus de 5 millions d'utilisateurs en Russie, a été enjoint par le Service fédéral de sécurité (FSB) de procéder à la fermeture de sept groupes ou événements appelant à manifester dans les prochains jours (dont un groupe appelant à défendre le parti au pouvoir). Un porte-parole de Vkontakte a publiquement déclaré que cette requête ne serait pas appliquée et qu'il n'y aurait pas de censure. Suite à ces déclarations, Pavel Durov a été convoqué au parquet de Saint-Pétersbourg le 9 décembre 2011.

"Cette injonction hors de proportion vise à priver les internautes de leur liberté d'expression, d'opinion et de rassemblement. Les autorités utilisent comme prétexte la prévention des violences pour renforcer leur gestion sécuritaire du Net. La plupart des groupes en ligne dont le FSB exige la fermeture appellent clairement leurs membres à respecter la loi et à ne pas répondre aux provocations", a déclaré Reporters sans frontières.

Selon les estimations d'un blogueur russe, jusqu'à 185 000 internautes seraient inscrits dans des groupes ou des événements de protestation.

En plus de lutter contre la contestation en ligne, le Kremlin utilise ses propres armes cybernétiques. Plusieurs milliers de comptes Twitter auraient ainsi été piratés pour poster des messages pro-gouvernement, en utilisant les hashtags (mots-clés) populaires des contestataires (notamment les hashtags #navalny, du nom du célèbre blogueur de l'opposition, ou #триумфальная, la place Triumfalnaya à Moscou) afin de saturer le flux d'information sur le réseau social.



Journalistes et blogueurs interpellés en marge des manifestations à Moscou

06.12.2011

Reporters sans frontières déplore l'interpellation de plusieurs journalistes, blogueurs et photographes venus couvrir les manifestations du 5 décembre 2011 à Moscou.

« Rien ne justifie d'empêcher les professionnels de l'information de faire leur travail en couvrant un événement politique de cette importance, a déclaré l'organisation. La presse ne doit pas faire les frais de la paranoïa des autorités. La justice doit immédiatement remettre en liberté les journalistes et blogueurs encore en garde à vue », a déclaré l'organisation.


Entre 5 000 et 10 000 personnes se sont rassemblés hier à Moscou, sur le boulevard de Tchistye Proudy, pour contester le résultat des élections législatives du 4 décembre et dénoncer des irrégularités. Le rassemblement était autorisé, mais les forces de police l'ont dispersé manu militari alors qu'il se transformait en marche vers les locaux de la Commission électorale centrale. Environ 300 manifestants ont été arrêtés, dont le célèbre blogueur d'opposition Alexeï Navalny. Plusieurs journalistes présents pour couvrir l'événement ont également été interpellés, dont Ilya Barabanov (The New Times), Evgueni Erchov (Izvestya), Aleksandr Borzenko (Echo de Moscou), Ilya Vasiounine (Dojd TV), le blogueur et photographe Ilya Varlamov, ainsi que des correspondants des agences Reuters et Bloomberg.

La plupart d'entre eux ont été relâchés presque aussitôt, après que la police s'est assurée qu'ils étaient bien journalistes. Mais à la différence des autres, le directeur des publications du magazine Forbes, Alexeï Kamensky, est toujours en garde à vue. Tout comme Alexeï Navalny, il est accusé de « refus d'obtempérer aux injonctions des fonctionnaires de police » et encourt jusqu'à quinze jours de détention.

« La direction de la police refuse de nous dire quand il doit être déféré devant le juge, a déclaré à Reporters sans frontières le rédacteur en chef de Forbes, Grigory Pounanov. Nous exigeons la remise en liberté immédiate de notre collaborateur. En tant que journaliste, il avait tout à fait le droit de se trouver sur les lieux du rassemblement, il n'a violé aucune loi. »

Alors que de nouveaux rassemblements ont été annoncés par le parti Russie Unie comme par ses opposants, le dispositif de sécurité a été renforcé dans la capitale et à ses alentours. Des unités des forces spéciales se sont positionnées sur les principales artères de la capitale. Environ 5 000 personnes ont répondu à un appel à manifester ce soir sur la place Trioumfalnaya de Moscou, sur le réseau social russe Vkontakte. De nouveaux troubles étant prévisibles, Reporters sans frontières appelle les forces de l'ordre à la retenue et au respect du droit à l'information.

Lire les précédents communiqués de Reporters sans frontières à ce sujet :


Photos : Ekho Moskvy, Youri Timofeïev (RFE/RL), Ridus

Libertés sur Internet : halte au double-langage !

Paris, le 9 décembre 2011 – Les Pays-Bas organisent aujourd'hui une conférence internationale consacrée aux libertés sur Internet. Alors que les États-Unis et l'Europe se posent en défendeurs des libertés en ligne, la Quadrature rappelle que leurs politiques Internet vont à l'encontre des grands principes affichés lors de cette conférence, notamment en encourageant la censure du Net au travers de l'accord anti-contrefaçon (ACTA) et d'autres initiatives.

« Mesdames Clinton et Kroes feignent d'ignorer que les libertés en ligne sont menacées partout dans le monde, pas uniquement dans les régimes autoritaires mais aussi dans les démocraties comme l'Inde1, les pays de l'UE ou les États-Unis. Alors que dans son discours, la secrétaire d'État américaine Hillary Clinton promeut un Internet sans frontière, elle assimile les atteintes au droit d'auteur à la cybercriminalité, usant de la même rhétorique fallacieuse que les partisans des mécanismes de censure actuellement débattus au Congrès américain2. Que ce soit par l'accord ACTA 3, les conclusions du G84, ou la stratégie de l'UE pour le droit d'auteur5, de nombreuses initiatives visent à confier des missions de police et de justice aux entreprises de l'Internet et aux machines qu'elles programment. Le risque d'abus est inévitable, et les conséquences pour la liberté d'expression seraient terribles. » déclare Jérémie Zimmermann, porte-parole de l'organisation citoyenne La Quadrature du Net.


« L'appel de la Commissaire Neelie Kroes en faveur d'une “auto-régulation” de l'industrie de la censure et de la surveillance restera sans effet sur l'exportation de ces technologies, souvent développées avec l'aide des gouvernements occidentaux eux-mêmes6. Il faut aller au-delà du double-langage, et joindre les actes à la parole en rejetant l'ACTA et les autres dispositifs de censure, et en préservant l'universalité d'Internet à travers une protection législative de la neutralité du Net. Nous voulons des actions concrètes pour protéger les libertés des citoyens, et le rejet inconditionnel de la censure automatisée et privatisée d'Internet sous couvert d'“auto-régulation”. » conclue Zimmermann.




Télé connectée : un pas vers l'interopérabilité, gare à la censure privée

Paris, 9 décembre 2011 - La mission de concertation sur la télévision connectée1 vient de rendre son rapport2 au gouvernement. La Quadrature du Net avait été auditionnée cet été, et avait envoyé une contribution écrite, dans laquelle l'accent était mis sur l'importance de respecter la neutralité du Net et de favoriser l'interopérabilité3.

« À quelques jours de l'audience AlloStreaming4, on peut se réjouir de voir la mission rappeler que le blocage de l'accès aux sites de streaming est absolument inefficace pour lutter contre les atteintes aux doit d'auteur. Comme le souligne le rapport, la seule solution consiste à renforcer la coopération internationale visant à obtenir le retrait de ces contenus des serveurs.


En revanche, les appels à davantage de "coopération" entre les plate-formes d'hébergement et les industries du divertissement constituent une véritable menace pour les libertés fondamentales : ce type de coopération, encouragé aussi bien par l'ACTA que par le G85, aboutit inévitablement à une censure privée et automatisée, en confiant à des machines programmées par des entreprises le soin de déterminer la licéité des contenus.


Enfin, si la mission évite de rentrer dans le débat sur la neutralité du Net, elle affiche néanmoins son soutien aux standards ouverts à l'interopérabilité des équipements. Comme nous l'avions souligné dans notre réponse à la consultation, c'est là un élément clé pour permettre aux auteurs et entreprises françaises et européennes de contrer les stratégies prédatrices d'acteurs comme Apple ou Google.», a déclaré Jérémie Zimmermann, porte-parole de La Quadrature du Net.




vendredi 9 décembre 2011

Le Conseil de l'Europe dénonce les pressions politiques pour la censure du net

Le Conseil de l'Europe, qui regroupe 47 pays au delà des seules frontières de l'Union Européenne, a adopté mercredi une déclaration sur la protection de la liberté d'expression et de la liberté de réunion et d'association sur Internet. Dans ce texte, le Conseil considère que les plateformes de réseaux sociaux, les blogs, et plus généralement "tous les autres moyens de communication de masse agrégée pour obtenir et échanger des informations" font "partie intégrante du nouvel écosystème médiatique", et qu'ils méritent donc une protection de droits similaire à celle des médias traditionnels.[Lire la suite]

L'April demande au Parlement européen de rejeter l'ACTA

L'April a envoyé deux courriers aux commissions du Parlement européen ITRE (Industrie, recherche et énergie) et LIBE (libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures). L'association leur demande de rejeter au plus vite l'ACTA, au regard des risques que l'accord fait peser sur le logiciel libre, la capacité d'innovation et la croissance en Europe. [Lire la suite]

Filtrage : l'action judiciaire de l'industrie du cinéma sévèrement taclée par une député UMP

La plainte des professionnels du cinéma et de la vidéo contre les sites diffusant sans autorisation des contenus en streaming est loin de faire l'unanimité. Au sein de la majorité présidentielle, la députée UMP Laure de la Raudière se montre très critique à l'égard de cette initiative. Si elle comprend l'objectif des trois syndicats, à savoir la lutte contre le piratage et la défense des droits d'auteur, elle s'oppose à la méthode employée qui conduit tout droit à une surveillance généralisée. [Lire la suite]

FAI alternatifs : Internet sans passer par Orange, Free ou SFR, ça existe !

Qu'on soit le fondateur ou le dernier arrivé, chaque adhérent est ainsi également responsable du bon fonctionnement du service. Ce qui attire les adhérents, « c'est le côté humain, de proximité, le côté “do it yourself”, fais ton propre Internet : les internautes sont leurs propres fournisseurs d'accès à Internet ».
Source: Rue89

mercredi 7 décembre 2011

Russie - Journalistes et blogueurs interpellés en marge des manifestations à Moscou

Reporters sans frontières déplore l'interpellation de plusieurs journalistes, blogueurs et photographes venus couvrir les manifestations du 5 décembre 2011 à Moscou.

« Rien ne justifie d'empêcher les professionnels de l'information de faire leur travail en couvrant un événement politique de cette importance, a déclaré l'organisation. La presse ne doit pas faire les frais de la paranoïa des autorités. La justice doit immédiatement remettre en liberté les journalistes et blogueurs encore en garde à vue », a déclaré l'organisation.


Entre 5 000 et 10 000 personnes se sont rassemblés hier à Moscou, sur le boulevard de Tchistye Proudy, pour contester le résultat des élections législatives du 4 décembre et dénoncer des irrégularités. Le rassemblement était autorisé, mais les forces de police l'ont dispersé manu militari alors qu'il se transformait en marche vers les locaux de la Commission électorale centrale. Environ 300 manifestants ont été arrêtés, dont le célèbre blogueur d'opposition Alexeï Navalny. Plusieurs journalistes présents pour couvrir l'événement ont également été interpellés, dont Ilya Barabanov (The New Times), Evgueni Erchov (Izvestya), Aleksandr Borzenko (Echo de Moscou), Ilya Vasiounine (Dojd TV), le blogueur et photographe Ilya Varlamov, ainsi que des correspondants des agences Reuters et Bloomberg.

La plupart d'entre eux ont été relâchés presque aussitôt, après que la police s'est assurée qu'ils étaient bien journalistes. Mais à la différence des autres, le directeur des publications du magazine Forbes, Alexeï Kamensky, est toujours en garde à vue. Tout comme Alexeï Navalny, il est accusé de « refus d'obtempérer aux injonctions des fonctionnaires de police » et encourt jusqu'à quinze jours de détention.

« La direction de la police refuse de nous dire quand il doit être déféré devant le juge, a déclaré à Reporters sans frontières le rédacteur en chef de Forbes, Grigory Pounanov. Nous exigeons la remise en liberté immédiate de notre collaborateur. En tant que journaliste, il avait tout à fait le droit de se trouver sur les lieux du rassemblement, il n'a violé aucune loi. »

Alors que de nouveaux rassemblements ont été annoncés par le parti Russie Unie comme par ses opposants, le dispositif de sécurité a été renforcé dans la capitale et à ses alentours. Des unités des forces spéciales se sont positionnées sur les principales artères de la capitale. Environ 5 000 personnes ont répondu à un appel à manifester ce soir sur la place Trioumfalnaya de Moscou, sur le réseau social russe Vkontakte. De nouveaux troubles étant prévisibles, Reporters sans frontières appelle les forces de l'ordre à la retenue et au respect du droit à l'information.

Lire les précédents communiqués de Reporters sans frontières à ce sujet :


Photos : Ekho Moskvy, Youri Timofeïev (RFE/RL), Ridus